Fondée en 1637 par Giulio Tomasi, c'est le lieu d'origine du titre féodal de la famille et l'expression visible du mysticisme sévère des aïeux Tomasi. Elle représente pour l'écrivain la Sicile du fief, des vastes domaines agricoles, du paysage ensoleillé dont la force âpre semble se refléter dans l'intransigeance religieuse des aïeux.
Palma se trouve à vingt km d'Agrigente. Edifiée sur un territoire tourmenté, sur une terrasse aux flancs d'une montagne, elle interrompt la ligne plate de la côte en surplombant la mer africaine. Sur le littoral s'alternent des plages de sable fin surmontées de hauts calanco argileux et d'âpres falaises. Dans les campagnes, dominées par le maquis méditerranéen, on cultive l'amandier avec les vignes et les oliviers.
Son territoire fut le centre, à l'âge du bronze, d'une singulière culture qui associait l'art minier du soufre à l'édification d'enclos culturels. Montegrande, le massif à la limite sud occidentale du territoire de Palma fut en effet, aux environs du 15ème siècle a.C., le principal centre d'exportation du soufre dans la Méditerranée orientale. Après la période romaine et byzantine, au 14ème siècle, les seigneurs du lieu étaient les Chiaramonte qui avaient usurpé les pouvoirs de la couronne et qui construisirent le château de Montechiaro. La monarchie espagnole reprit par la suite son pouvoir et distribua leurs fiefs à ses fidèles. Montechiaro et Lampedusa furent attribués à Palmerio De Caro, dont la famille s'apparenta vers la fin du 16ème avec les Tomasi. Ceux-ci firent de leur fief un centre de colonisation chrétienne, avec une forte empreinte de religiosité contre-réformiste, qui se reflète dans les caractéristiques architecturales et décoratives de Palma, ce qui est singulier dans la culture du 17ème sicilien. Aujourd'hui encore le Duc Saint, Giulio Tomasi, Soeur Maria Crocefissa, Isabella Domenica Tomasi et Giuseppe Maria Tomasi, canonisé en 1986, sont commémorés et vénérés par les habitants de Palma.
L'auteur du Guépard ne visita la ville que dans les dernières années de sa vie, peu après avoir commencé à travailler à son roman et, comme l'écrit Gioacchino Lanza Tomasi 'Il en revint enthousiaste. A Palma il n'avait pas de biens immobiliers importants, il n 'était pas le grand propriétaire terrien du village et les Tomasi ne l'étaient plus depuis presque deux siècles ; il était toutefois le descendant des saints, un morceau de cette terre que le climat mystique de sa famille avait rendu différente de toute autre fondation féodale sicilienne. Ces préambules furent de bon augure à la rencontre. Il observa avec délice la sacristie de l'église - mère et l'intérieur de l'église, en particulier il fut ému par l'accueil de la communauté bénédictine du SS. Rosaire'.