Sur les traces du Prince de Salina, entre les deux maisons du Prince de Lampedusa
Palais Lampedusa (17ème - 18ème ), dans la rue du même nom , , au dos de la place Olivella où se trouve le Musée archéologique, il n'est plus désormais qu'une triste façade qui couvre les ruines. Il vaut quand même la peine d'y aller pour voir ce qui reste de la maison la plus chérie par l'auteur du Guépard abattue par les bombes de la dernière guerre et pour y commencer un parcours dans les lieux traversés quotidiennement par Tomasi dans la réalité et par les Salina pour se rendre au bal au Palais Ponteleone dans la fiction romanesque.
Le Palais Lampedusa confine avec l'Oratorio di Santa Cita (17ème -18ème ), triomphe des magnifiques stucs de Serpotta qu'on ne peut ne pas visiter. On continue ensuite dans la rue Valverde et la descente des Bambinai. Dans cette rue se trouve l'Oratorio del Rosario in San Domenico (16ème-18ème ), un autre lieu où Serpotta fit preuve de son génie particulier.
En suivant le parcours des Salina, on arrive sur la Piazza San Domenico , , où se dressait le Palais Monteleone, c'est-à-dire le Palais Monteleone où a lieu le bal du Guépard . Le Palais n'existe plus, mais la place conserve de nombreuses suggestions, parce que, donnant sur le cloître de l'église qui lui donne son nom (17ème - 18ème) - un Panthéon palermitain qui renferme les tombes de personnages illustres - se trouve le petit et intéressant Museo del Risorgimento, riche en témoignages de l'épopée garibaldienne.
A la fin de l'itinéraire qui conduit les Salina au bal, on peut aller au palais que Visconti choisit pour y tourner la scène de son film. Il s'agit du Palazzo Valguarnera-Gangi(17ème), place Croce dei Vespri, lieu de l'historique (1282) révolte anti-française des Palermitains. A la révolte qui sert de décor historique pour le Guépard, la révolte garibaldienne, est au contraire dédiée la Piazza Rivoluzione, non loin de là. Les inscriptions commémoratives sur la fontaine du Génie de Palerme et sur les murs des palais sont là pour le rappeler. D'autres lieux dans les environs évoquent les mouvements du Risorgimento comme Piazza Magione, avec sa Chiesa di Sant'Euno, en face de laquelle Visconti tourna la scène d'une escarmouche entre les chemises rouges et les soldats du roi des Deux Siciles, , le Vicolo dei risorti et la Chiesa di S.Maria degli Angeli, dite della Gancia (17ème), avec la 'brèche du salut' qui permit à quelques insurgés garibaldiens de fuir les troupes des Bourbons. L'église est dans la rue Alloro, la rue des palais aristocratiques du 18ème, près de la dernière maison des Tomasi et au siège du Parc Littéraire. Près de la rue Merlo aussi, où l'on peut visiter le Palazzo de principe di Mirto, donné par ses propriétaires à la Région Sicilienne en excellent état de conservation avec de nombreux meubles originaux, ce qui permet de se faire une idée des habitudes aristocratiques à l'époque des fastes du Guépard.
Du Palazzo Mirto, en traversant Piazza Marina, qui à chaque pas nous propose un témoignage de l'histoire de la ville, on peut aller à la Chiesa di S.Maria dela catena (16ème) qui donne sur le Porticciolo della Cala . Tous deux sont cités dans le Guépard. De même que l'ex Albergo della Trinacria (19ème) qui est le lieu où meurt le Prince de Salina, après avoir reçu le viatique d'un prêtre qui vint en toute hâte de la Chiesa di S.Maria della Pietà (17ème-18ème) qui se trouve presqu'en face. Presqu'en face aussi du Palazzo Lanza Tomasi (18ème) dans la rue Butera au n°28, où Giuseppe Tomasi di Lampedusa passa les dernières années de sa vie. C'est là, en observant la façade du 18ème de la Passeggiata delle Cattive, surélevée par rapport à la chaussée, qui côtoie les palais qui donnent sur la mer - y compris le magnifique palais du Prince - et en partage la vue splendide , que l'on peut conclure l'itinéraire. Sur rendez-vous, pour ceux qui seraient intéressés par la recherche, il est possible de visiter la bibliothèque de Tomasi, qui appartient aujourd'hui à son fils adoptif et héritier. Il faut signaler, non loin du Palazzo Lampedusa et que la Mairie a splendidement restauré, le Noviziato dei Crociferi (17ème-18ème), cité dans le Guépard : l'un des couvents qui dominaient le paysage citadin, contribuant, selon Tomasi, à lui donner son incomparable identité.